PROJET NATIONAL D’ÉDUCATION SOUVERAINE ET PANAFRICAINE

Pour un Cameroun maître de son avenir intellectuel, productif et culturel

PRÉAMBULE

L’éducation est l’outil le plus puissant de libération ou de domination d’un peuple. Depuis plusieurs décennies, le système éducatif camerounais comme celui de nombreux pays africains demeure largement hérité de modèles exogènes, conçus historiquement pour administrer, reproduire et servir des logiques extérieures plutôt que pour émanciper, produire et transformer les sociétés africaines.

Face aux défis contemporains en Afrique de l’explosion démographique, chômage massif des jeunes, transition technologique, urgence climatique, souveraineté alimentaire, réindustrialisation, cohésion sociale le Cameroun a besoin d’un nouveau projet national d’éducation, déconnecté de toute logique de soumission impérialiste, recentré sur les réalités africaines, les besoins économiques réels, les valeurs culturelles endogènes et les ambitions de souveraineté.

Ce projet propose une refondation complète du système éducatif, de la maternelle à l’université, en intégrant l’enseignement technique, professionnel, scientifique, culturel et citoyen dans une vision cohérente, progressive et panafricaine.

I. PHILOSOPHIE GÉNÉRALE DE L’ÉDUCATION

1. Finalité de l’éducation

L’éducation nationale a pour mission de former : – des citoyens conscients, libres et responsables, – des travailleurs qualifiés capables de produire localement, – des esprits critiques, non soumis intellectuellement, – des Africains enracinés, ouverts au monde mais maîtres de leur identité.

L’objectif n’est plus seulement l’obtention de diplômes, mais la capacité à comprendre, transformer et servir la société.

 

2. Principes structurants

Le système éducatif repose sur les principes suivants :

  • Souveraineté intellectuelle : produire nos propres savoirs et priorités.

  • Utilité sociale des apprentissages.

  • Ancrage culturel et linguistique africain.

  • Lien organique entre éducation, économie et territoire.

  • Excellence, mérite et discipline éthique.

II. RÉFORME DE L’ÉDUCATION DE BASE

A. MATERNELLE (3–5 ans)

Objectifs

  • Développement cognitif et émotionnel,

  • Socialisation et discipline collective,

  • Éveil culturel et linguistique.

 

Orientations pédagogiques

  • Apprentissage par le jeu et l’observation,

  • Introduction progressive des langues nationales comme langues d’éveil,

  • Initiation aux valeurs fondamentales : respect, solidarité, travail.

La maternelle devient un espace de fondation identitaire et psychologique, et non une simple préparation scolaire.

 

B. ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

Objectifs

  • Maîtrise solide de la lecture, de l’écriture et du calcul,

  • Compréhension de l’environnement social et naturel,

  • Construction du sens civique.

 

Réformes clés

  • Enseignement bilingue progressif (langue nationale + langue officielle),

  • Histoire africaine et camerounaise enseignée dès le primaire,

  • Initiation pratique à l’agriculture scolaire, à l’artisanat, à l’environnement,

  • Renforcement de l’éducation morale, civique et communautaire.

 

L’école primaire forme les fondations intellectuelles, morales et productives du citoyen.

III. ENSEIGNEMENT SECONDAIRE : ORIENTATION, COMPÉTENCE, DIGNITÉ

A. PREMIER CYCLE DU SECONDAIRE

Objectifs

  • Consolidation des savoirs fondamentaux,

  • Découverte des aptitudes individuelles,

  • Orientation progressive et non punitive.

 

Réformes proposées

  • Tronc commun humanités–sciences–techniques,

  • Initiation obligatoire aux métiers manuels et techniques,

  • Enseignement de l’économie nationale et africaine,

  • Éducation civique approfondie (droits, devoirs, institutions).

 

B. SECOND CYCLE DU SECONDAIRE

Objectifs

  • Spécialisation progressive,

  • Préparation à la vie active ou à l’enseignement supérieur,

  • Valorisation égale des filières.

 

Filières réorganisées

  • Générale : sciences, lettres, sciences humaines africanisées.

  • Technique et professionnelle : mécanique, énergie, agro-industrie, bâtiment, numérique, textile, artisanat.

Les filières techniques ne sont plus des voies de relégation, mais des voies d’excellence productive.

IV. ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET PROFESSIONNEL : PILIER STRATÉGIQUE

1. Philosophie

L’enseignement technique devient le cœur du projet éducatif, car il répond directement aux besoins économiques et sociaux du pays.

2. Organisation territoriale

  • Spécialisation des lycées techniques selon les réalités régionales :

    • Agriculture et transformation agroalimentaire,

    • Mines et matériaux,

    • Énergie et maintenance,

    • Bâtiment et travaux publics,

    • Numérique et technologies adaptées.

3. Méthodes

  • Apprentissage en alternance école–atelier–entreprise,

  • Certification des savoir-faire traditionnels,

  • Partenariats systématiques avec les acteurs économiques locaux,

  • Passerelles permanentes vers l’université et l’entrepreneuriat.

V. ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET RECHERCHE

A. RÉORIENTATION DES UNIVERSITÉS

Objectifs

  • Produire des compétences stratégiques,

  • Soutenir la transformation économique,

  • Réduire la dépendance intellectuelle extérieure.

 

Réformes majeures

  • Spécialisation thématique des universités,

  • Priorité à la recherche appliquée et aux solutions locales,

  • Africanisation des sciences humaines et sociales,

  • Valorisation des publications et savoirs endogènes.

 

B. UNIVERSITÉ ET PANAFRICANISME

  • Intégration des enjeux africains dans tous les cursus,

  • Coopération académique sud–sud,

  • Mobilité africaine des étudiants et chercheurs,

  • Production de références africaines dans les disciplines clés.

 

VI. FORMATION DES ENSEIGNANTS ET GOUVERNANCE

1. Enseignant : pilier du système

  • Recrutement rigoureux et méritocratique,

  • Formation continue obligatoire,

  • Revalorisation sociale et matérielle,

  • Protection de la liberté pédagogique responsable.

 

2. Gouvernance éducative

  • Décentralisation progressive de la gestion éducative,

  • Autonomie encadrée des établissements,

  • Évaluation basée sur la qualité et l’impact social,

  • Participation des communautés éducatives.

 

VII. NUMÉRIQUE, SCIENCE ET SOUVERAINETÉ

● Usage du numérique comme outil pédagogique et non de dépendance,
● Développement de contenus éducatifs africains,
● Promotion des sciences, de l’innovation et de la recherche locale,
● Protection des données éducatives nationales

CONCLUSION GÉNÉRALE

Ce projet national d’éducation propose une rupture lucide et constructive avec les modèles hérités de la domination intellectuelle. Il vise à former des Camerounais capables de penser par eux-mêmes, de produire pour leur pays, de coopérer avec l’Afrique et de dialoguer avec le monde sans se soumettre.

     

                                     Refonder l’education, c’est refonder la Nation.

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